De'Longhi Magnifica S : la valeur sûre du grain
La Magnifica S ECAM22.110.B, c'est le best-seller absolu du café à grain en
France : plus de 58 000 avis, une note de 4,4 sur 5, et des pièces détachées
qu'on trouve partout. À mon comptoir, c'est la machine que je mets entre les
mains de quelqu'un qui débute sans hésiter. Pompe 15 bars, broyeur acier
réglable sur 13 niveaux, réservoir d'eau de 1,8 L et bac à grains de 250 g :
elle a tout ce qu'il faut pour un foyer de buveurs réguliers, et rien de
superflu pour faire grimper la facture.
À la dégustation, sur un assemblage 80 % arabica torréfaction moyenne, la
crema tient la cuillère et l'attaque en bouche reste nette même sur le second
espresso tiré coup sur coup. C'est rare à ce prix, et c'est ce qui explique
son statut. Si vous voulez le détail complet, je décortique chaque réglage et
chaque défaut dans mon test dédié de la
machine à café à grain delonghi.
Son vrai atout face à la Smeg : le lait et l'entretien
Deux différences décident souvent l'achat, et toutes les deux penchent vers
la De'Longhi. D'abord le lait : la Magnifica S possède une buse vapeur
manuelle. Elle demande un coup de main pour le cappuccino, certes, mais elle
le fait. La Smeg BCC11, on le verra, ne le fait pas du tout. Ensuite
l'entretien : le bloc infuseur de la De'Longhi se retire, se rince sous le
robinet et se remet en place en trente secondes. C'est l'hygiène la plus
simple de toute cette catégorie.
Mon réglage de départ sur la Magnifica S. Je cale la
mouture au niveau 5 sur 13, intensité moyenne, sur un assemblage espresso
80 % arabica. Si le café coule trop vite et sort acide, je resserre d'un
cran ; s'il goutte et sort amer, j'ouvre d'un cran. Trois tasses suffisent
à trouver le point juste, et on ne le change quasiment plus ensuite.
Le revers, honnêtement, c'est le bruit : le broyeur acier réveille la maison
au petit matin (de l'ordre de 70 dB à la mouture, comme toute cette famille).
Et la façade à boutons mécaniques fait moins moderne que les panneaux tactiles
récents. Rien de rédhibitoire pour le cœur de la tasse, mais ce sont des points
où la Smeg, justement, marque la différence de style.
Smeg Collezione BCC11 : le plus bel objet du comptoir
La Smeg, on l'achète d'abord avec les yeux, et je l'assume. Le boîtier en
acier laqué, les angles arrondis, la molette type compteur dessinée par le
studio italien deepdesign : sur un plan de travail, elle ne passe pas
inaperçue. C'est légitimement l'argument numéro un, et si votre cuisine est
une pièce qu'on montre, elle écrase la De'Longhi sur ce terrain.
Sous la robe rétro, on a une vraie automatique à grain : broyeur conique en
inox réglable sur 11 niveaux, pompe 19 bars, Thermoblock qui monte vite en
température. À la dégustation, sur une mouture fine, l'espresso sort court,
dense, presque dans l'esprit d'un ristretto italien. Les amateurs de café
serré du matin seront servis. Son autre atout, c'est le gabarit : 18 cm de
large seulement, là où la Magnifica S en réclame environ 24. Je détaille ce
point dans mon test complet de la
smeg machine à café grain.
Le piège de gamme que beaucoup ratent : pas de lait sur la BCC11
À savoir absolument avant de comparer les prix. La Smeg
Collezione BCC11 n'a ni buse vapeur ni carafe à lait. Elle prépare 7
boissons noires (espresso, ristretto, café long…) plus de l'eau chaude,
point. Pour mousser du lait chez Smeg, il faut viser la BCC12 (buse vapeur
orientable) ou la BCC13 (carafe lait intégrée), toutes deux nettement plus
chères. La Magnifica S, elle, fait déjà le cappuccino dans sa version de base.
C'est l'information que je martèle, parce qu'elle déçoit quand on la découvre
une fois la machine déballée. Un buveur de cappuccino ou de flat white qui
prend une BCC11 fait une erreur d'achat — pas parce que la machine est
mauvaise, mais parce qu'elle n'est pas conçue pour ça. Dans ce duel précis,
ce détail suffit à départager : si votre tasse contient du lait, la De'Longhi
gagne avant même qu'on parle de prix.
Face à face : ce que change vraiment chaque écart
Le tableau plus haut donne les chiffres bruts. Voici ce qu'ils signifient une
tasse à la main, critère par critère, comme je le dirais de vive voix.
- L'espresso noir : match nul. Les deux tirent un café
sérieux. La De'Longhi donne un espresso un peu plus rond et polyvalent ; la
Smeg, un shot plus court et concentré. Question de goût, pas de niveau.
- Le lait : la De'Longhi gagne par forfait. Buse vapeur d'un
côté, rien de l'autre. C'est le critère le plus tranchant du duel.
- La place : la Smeg gagne. 18 cm contre 24, plus une
profondeur compacte : elle se loge sous un meuble haut sans forcer.
- L'entretien : la De'Longhi gagne, grâce à son bloc
infuseur amovible rinçable au robinet.
- Les capacités : la De'Longhi gagne (1,8 L et 250 g contre
1,4 L et 150 g chez Smeg), donc moins de recharges pour les gros buveurs.
- Le style : la Smeg gagne, et ce n'est pas un détail pour
tout le monde — c'est même son unique vraie raison d'achat.
Sur le strict rapport qualité/prix, le verdict est sans appel : la Magnifica S
fait plus de choses pour moins cher. C'est d'ailleurs pour ça que je la place
si haut dans mon
meilleures machine à café grain, là où la Smeg apparaît
surtout pour les profils sensibles au design.
Le mythe des bars : 19 contre 15, ça ne change rien
On voit partout « 19 bars » écrit en gros sur la Smeg, comme si c'était un
trophée face aux 15 bars de la De'Longhi. Je le dis franchement : ce chiffre
est du marketing. Un espresso s'extrait idéalement autour de 9 bars au niveau
de la galette de café ; tout ce qui dépasse n'est que de la réserve de pompe.
La Smeg à 19 bars n'est donc pas « meilleure » que la De'Longhi à 15 bars :
les deux passent largement le seuil utile.
Ce qui compte vraiment, c'est le broyeur et sa marge de réglage. Et là, la
De'Longhi reprend un demi-point d'avance avec ses 13 niveaux de mouture contre
11 chez Smeg : un peu plus de finesse pour ajuster l'extraction à chaque grain.
Si ce sujet vous intéresse, je l'explique à fond dans mon guide
machine à café à grain broyeur,
où je montre pourquoi un broyeur réglable change davantage votre tasse qu'un
bar de pression supplémentaire.
Et si aucune des deux n'était la bonne ?
Ce duel n'est pas une fatalité. Si vous voulez le cappuccino automatique mais
pas le coup de main de la buse manuelle De'Longhi, regardez plutôt une
machine à café à grain philips :
la série 2300 LatteGo fait mousser le lait toute seule, avec une carafe deux
pièces qui se nettoie en dix secondes, pour environ le prix de la Smeg mais
avec le lait en plus. C'est le scénario que je conseille à qui hésite entre
nos deux finalistes uniquement à cause du lait.
Et pour le budget serré qui veut quand même du grain frais, l'écart avec la
Smeg devient vertigineux : la
cecotec machine à café à grain
Cremmaet Cube descend sous 170 € et moud, elle aussi, à la demande. La tasse
est plus simple, mais le café sent le café. Si vous arbitrez d'abord sur le
prix, parcourez ma sélection
machine à café à grain pas chère
avant de trancher. Pour un usage intensif ou un café de bureau, je renvoie
plutôt vers mon guide
machine à café à grain professionnelle,
où les réservoirs XL prennent le dessus sur le design.
Entretien et dépannage : la même routine à connaître
Quel que soit votre choix, une automatique à grain demande la même discipline :
rinçage du circuit, détartrage régulier, vidage du bac à marc. Sur ce point,
la De'Longhi facilite la vie avec son groupe amovible. Côté pannes et remises
à zéro, les automatiques se ressemblent beaucoup d'une marque à l'autre : la
logique de dépannage est proche de celle que je décris sur la page
machine à café à grain krups, par exemple comment
réinitialiser machine à café krups à grain ea81,
ou dans mon mode d'emploi
machine à café à grain philips 2200 mode d emploi :
couper l'alimentation, laisser refroidir, relancer un cycle de rinçage avant
de paniquer. Et dans les deux cas, je conseille de ne mettre dans le bac que
le grain qu'on boira en deux ou trois jours : laissé à l'air, il perd ses
arômes vite.
Si vous voulez comprendre comment je juge chaque machine avant de la conseiller,
tout est détaillé sur ma page
Comment nous testons. Et pour les autres
arbitrages de marque, jetez un œil à mes face-à-face
machine à café grain krups ou delonghi et
De'Longhi ou Philips machine à café à grain,
qui complètent celui-ci.
De'Longhi ou Smeg : mon verdict de torréfacteur
Si je devais répondre en une phrase à quelqu'un debout devant les deux
machines, je dirais ceci : prenez la De'Longhi Magnifica S, sauf si vous
tombez amoureux de la Smeg. La Magnifica fait plus (le lait), s'entretient
plus simplement (bloc amovible), tient plus de tasses sans recharge, et
coûte près de 180 € de moins. C'est la valeur sûre, et le meilleur achat
pour l'immense majorité des foyers.
La Smeg BCC11 garde sa place pour un profil précis : celui qui boit son café
noir, qui a une petite cuisine, et pour qui l'objet compte autant que la
boisson. À environ 500 €, on paie surtout le design, et au comptoir, je
connais beaucoup de gens pour qui ça vaut chaque euro. Mais si le lait fait
partie du rituel, ce n'est pas la bonne machine, et aucun argument de style
ne rattrape cette absence.
Je vérifie les prix et la disponibilité régulièrement, mais c'est toujours
la fiche Amazon qui fait foi au moment de votre clic.
Je vois le prix du jour de la De'Longhi Magnifica S
Voir aussi la Smeg Collezione BCC11 sur Amazon
Et si c'est finalement le lait automatique qui vous fait hésiter, ma
candidate de cœur reste la
Philips Série 2300 LatteGo EP2331/10,
tandis que le tout petit budget trouvera son compte avec la
Cecotec Cremmaet Cube.